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	<title>LES PERIPHERIQUES VOUS PARLENT</title>
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		<title>D&#233;fricher de nouveaux possibles</title>
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		<dc:date>1997-07-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
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		<dc:creator>Assoc. RHIZOME</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lors de la manifestation des &#201;tats du Devenir en novembre dernier, une initiative en gestation avait &#233;t&#233; longuement pr&#233;sent&#233;e et d&#233;battue. Depuis, l'association Rhizome a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. Elle parie sur le long terme. Traversi&#232;re et buissonni&#232;re, elle se veut un outil de revendication, d'analyse politique et de d&#233;bat, contre vents lib&#233;raux et mar&#233;es comp&#233;titives, les actions sur le &#8220;terrain social&#8221; relevant trop souvent du bricolage de l'imm&#233;diat soumis &#224; l'urgence sans cesse renouvel&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lesperipheriques.org/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 8&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lors de la manifestation des &#201;tats du Devenir en novembre dernier, une initiative en gestation avait &#233;t&#233; longuement pr&#233;sent&#233;e et d&#233;battue. Depuis, l'association Rhizome a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. Elle parie sur le long terme. Traversi&#232;re et buissonni&#232;re, elle se veut un outil de revendication, d'analyse politique et de d&#233;bat, contre vents lib&#233;raux et mar&#233;es comp&#233;titives, les actions sur le &#8220;terrain social&#8221; relevant trop souvent du bricolage de l'imm&#233;diat soumis &#224; l'urgence sans cesse renouvel&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui, 75 % de la population vit en zone urbaine, et ce sur une superficie qui repr&#233;sente &#224; peine 18 % du territoire m&#233;tropolitain. Ainsi, trois habitants de la France sur quatre vivent en ville. En ville, mais dans quelles villes ? La majorit&#233; de la population vit dans les p&#233;riph&#233;ries, contre un quart en centre ville, et un autre quart en zone rurale. Le &#171; p&#233;riph&#233;rique &#187; est devenu dominant, qu'on l'appelle banlieue ou p&#233;riurbain. Dominant, mais aussi uniforme et en extension constante. En extension parce qu'il consomme chaque ann&#233;e cinquante mille hectares suppl&#233;mentaires. Uniforme, parce que les m&#234;mes paysages, les m&#234;mes panneaux, les m&#234;mes carrefours, les m&#234;mes immeubles, les m&#234;mes grandes surfaces, les m&#234;mes espaces verts se r&#233;p&#232;tent &#224; l'infini, interchangeables et monotones. &lt;i&gt;Uniforme&lt;/i&gt; aussi, car il se caract&#233;rise par une juxtaposition d'ensembles fonctionnels sp&#233;cialis&#233;s, ici l'habitat, l&#224; la consommation, ici le travail, l&#224; l'universit&#233;. Le p&#233;riph&#233;rique devient central, au d&#233;triment des villes centres qui, autrefois foyers de civilisation, sont abandonn&#233;es au profit de la prolif&#233;ration des bureaux. Ainsi, insidieusement c'est toute une culture de soci&#233;t&#233; qui dispara&#238;t. Une culture qui dispara&#238;t dans une structuration qui contrairement aux inqui&#233;tudes dominantes est loin d'&#234;tre chaotique, mais plut&#244;t organis&#233;e de telle fa&#231;on qu'elle engendre l'immobilit&#233;, tout en accentuant un sentiment de d&#233;racinement profond.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PHILOCRATES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe de surprenants ph&#233;nom&#232;nes pr&#233;tendument philosophes. Ils &#233;crivent des livres qui se vendent bien, passent &#224; la t&#233;l&#233;vision... Ils nous enseignent que la philosophie est le fruit d'un long travail : cinq ans pour lire la Critique de la Raison Pure, de Kant ; quinze &#224; vingt ans &#224; penser par les autres avant de r&#233;ussir &#224; penser par soi-m&#234;me, y compris en mati&#232;re de politique. &#8220;Allons cr&#232;ves la faim ! Avant de vous r&#233;volter, lisez donc La Critique de la Raison Pure pendant cinq ans, afin de vous rendre compte si le responsable de vos maux est bien ce syst&#232;me que vous d&#233;sirez briser !&#8221; Un article d'un de ce genre de philosophes - Luc Ferry, philosophe attitr&#233; du pouvoir, &#8220;philocrate&#8221; - dans le journal le Point, nous explique sans autre argumentation &#8220;que le rap, ce n'est pas de la culture&#8221;. Tant de d&#233;tours par un long discours d&#233;goulinant de fausse humilit&#233; pour en arriver l&#224; ! C'est que, n'importe quelle niaiserie devient valable vomie de la bouche propre d'un pr&#233;tendu grand sage. Que le rap soit ou ne soit pas de la culture, je ne veux m&#234;me pas en discuter. En discuter, c'est rendre digne des propos qui ne sont qu'insultes d&#233;guis&#233;es en expertises. Il s'agit l&#224; du m&#234;me genre de raisonnement aux d&#233;bouch&#233;s racistes que ceux qui ont nagu&#232;re justifi&#233; la colonisation, et selon lesquels, il fallait apporter la culture aux civilisations africaines qui en &#233;taient d&#233;pourvues. La meilleure solution, pour ne pas avoir. &#224; r&#233;pondre aux citoyens des quartiers d&#233;cim&#233;s par les politiques n&#233;o-lib&#233;rales, est bien de nier leur parole, leur culture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(J&#233;r&#233;mie Piolat)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux comprendre ce sentiment de d&#233;racinement &#233;prouv&#233; par une large partie de la population, on peut se rapporter &#224; ce qu'&#233;crivait la philosophe Simone Weil au d&#233;but des ann&#233;es quarante, &#224; propos cette fois de la notion d'enracinement : &lt;i&gt;&#171; L'enracinement est peut-&#234;tre le besoin le plus important et le plus m&#233;connu de l'&#226;me humaine. Un &#234;tre humain a une racine par sa participation active r&#233;elle et naturelle &#224; l'existence d'une collectivit&#233; qui conserve vivants certains tr&#233;sors du pass&#233; et certains pressentiments d'avenir. L'homme a besoin de recevoir la presque totalit&#233; de sa vie morale, intellectuelle et culturelle par l'interm&#233;diaire des milieux dont il fait partie. Les &#233;changes d'influences entre milieux tr&#232;s diff&#233;rents sont aussi indispensables que l'enracinement dans l'entourage naturel. Mais, un milieu d&#233;termin&#233; doit recevoir une influence ext&#233;rieure non pas comme un apport, mais comme un stimulant qui rend la vie plus intense &#187;&lt;/i&gt;. Chacun appr&#233;ciera les parall&#232;les possibles avec le quotidien actuel. Vitrolles, par exemple, qui de petit village proven&#231;al de quelques milliers d'&#226;mes il y a trente ans, est devenu une vaste zone b&#233;tonn&#233;e. Cit&#233; dortoir peupl&#233;e de 40 000 individus aigris et d&#233;sabus&#233;s, ferment id&#233;al des rejets les plus naus&#233;abonds. Et les campagnes, les verts bocages tant appr&#233;ci&#233;s comme havres de paix et de tranquillit&#233; ? 85 % du territoire peupl&#233; par seulement 25 % de la population. Que d'air frais et d'espace pourtant massivement d&#233;sert&#233; depuis des d&#233;cennies. Un processus loin d'&#234;tre invers&#233; : en 25 ans une ferme sur deux a &#233;t&#233; ray&#233;e de la carte. Ces derni&#232;res ann&#233;es, elles disparaissent &#224; la cadence de 5 % par an. Globalement, seules les superstructures de plusieurs centaines voire milliers d'hectares tirent leur &#233;pingle du jeu. Repr&#233;sentant 20 % des exploitations, elles raflent 80 % des aides attribu&#233;es &#224; l'agriculture, et ceci avec l'aval des minist&#232;res concern&#233;s, des organismes de cr&#233;dit et des divers offices de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, 40 000 agriculteurs sont consid&#233;r&#233;s en difficult&#233;, c'est-&#224;-dire non solvables et au bord de la faillite. 25 % de la population agricole fran&#231;aise vit sous le seuil de pauvret&#233;. La disparition d'une frange de la soci&#233;t&#233; est d'ores et d&#233;j&#224; calcul&#233;e et programm&#233;e &#224; terme. On assiste &#224; un v&#233;ritable d&#233;m&#233;nagement rural d&#251; &#224; la d&#233;sertification d'une part et &#224; un productivisme forcen&#233; d'autre part, qui transforme les campagnes en usines sans toit, en une agriculture que la nature d&#233;range ; et ceci, dans un contexte de r&#233;organisations administratives, de fermetures d'&#233;coles et de restructurations des services publics. Ainsi les convergences entre situations urbaines et rurales s'accentuent mais c'est le nivellement par le bas qui cr&#233;e l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors apparaissent les nouveaux termes, les nouveaux modes de classification d'une certaine population ; les mots exclu, pr&#233;carit&#233;... entrent dans le langage commun pour une meilleure commodit&#233; de l'esprit. Et de voir &#171; le peuple des ch&#244;meurs &#187;, courir, courir, r&#233;clamer son d&#251;, implorer &#224; &#171; dame croissance &#187; qu'elle restitue cette structure g&#233;n&#233;ratrice de valeur, de lien social, de moralit&#233;, de solidarit&#233;, et ce par quoi le miracle reviendra : le travail et son sacro-saint emploi. La finalit&#233; de &#171; l'exclu &#187; serait donc de devenir un &#171; inclus &#187;. Mais inclus o&#249; et dans quoi ? Pour se retrouver parmi les privil&#233;gi&#233;s, parmi ceux qui ont cette chance - m&#234;me s'ils ne s'en rendent pas toujours compte - d'avoir un travail. La seule logique serait donc, pour ne pas devenir exclu, de se battre pour conserver ce qui est en danger, de conserver co&#251;te que co&#251;te son emploi, d'&#234;tre &#233;ternellement un inclus, un &#233;l&#233;ment de pilier de notre beau monde face &#224; l'app&#233;tit vorace des sp&#233;culateurs en tout genre. Et de suivre unanimement la nouvelle donne : pour conserver, il faut am&#233;nager. Am&#233;nager, et se positionner dans les &#233;troits cr&#233;neaux existants, puisque &#224; l'&#233;vidence, ce sont les seuls qui existent. Interdit d&#232;s lors de trouver une issue &#224; cette succession d'enfermements, de penser que, par exemple, on pourrait applaudir &#224; la fin du travail, &#224; ce travail consid&#233;r&#233; comme l'alpha et l'om&#233;ga de l'existence sociale ou de l'existence tout court. Certes, face &#224; chacun, s'&#233;tale l'insupportable visible, le quotidien ou le fatal. Mais le visible n'a jamais interdit d'imaginer l'invisible. L'invisible &#224; l'&#339;il nu est ce qui na&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apprendre &#224; ne rien faire, inventer du plaisir et du d&#233;sir, penser que l'esp&#232;ce peut vivre autrement que ce que l'&#233;cole inculque frauduleusement, puisqu'elle n'est toujours pas faite pour apprendre &#224; nier ce pour quoi et par qui elle est faite : le pouvoir, celui du savoir et de tous les autres. D&#232;s lors, il nous incombe de faire valoir nos droits d'audaces. Permettre &#224; des individus, des groupes ou des collectifs de r&#233;aliser des projets de vie sur une autre logique de fonctionnement ; des projets qui changent l'&#233;chelle des contraintes pour les rendre cernables et modifiables. Rechercher des futurs possibles, ce pourrait &#234;tre un des buts de l'association Rhizome qui vient de voir le jour. Si Rhizome existe, c'est parce que des groupes d'horizons divers se rejoignent dans la volont&#233; de cr&#233;er de nouveaux lieux d'exp&#233;rimentation d'&#233;conomies nouvelles, d'agricultures durables, de rencontres et de d&#233;bats ; des lieux qui repensent les &#233;changes et qui grignotent les monopoles de la culture et de la f&#234;te. Rhizome, car il s'agit aussi de r&#233;fl&#233;chir et de red&#233;finir ce qu'est l'enracinement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le noyau de cette association se compose de trois groupes. L'Association Grain de Terre dans le d&#233;partement du Tarn, cherche &#224; acqu&#233;rir un terrain au pied de la Montagne Noire. Ce lieu avec terres et b&#226;timents entend faire cohabiter des activit&#233;s compl&#233;mentaires, de l'auberge &#224; la valorisation du bois, de la recherche th&#233;&#226;trale &#224; l'&#233;levage, en tout cas une rencontre ininterrompue entre ruraux et urbains. La ferme du Hayon quant &#224; elle est situ&#233;e au sud de la Belgique. Issue d'une rencontre entre jeunes agriculteurs et citadins, elle se veut un espace de communication et d'exp&#233;rimentation des savoir-faire qui s'y d&#233;veloppent. &#201;levage, agriculture, transformation de produits, lieu d'accueil par le fait m&#234;me qu'ils existent, les Hayons d&#233;frichent de nouveaux sentiers sans pr&#233;tendre poss&#233;der une r&#233;ponse. &#192; l'initiative de Rhizome se trouve &#233;galement Longo ma&#239; et ses 23 ann&#233;es d'existence. Longo ma&#239; regroupe une dizaine de lieux, d'ouest en est tout au long de l'Arc Alpin jusque dans les Carpates ukrainiennes. Une volont&#233; tenace d'&#233;chapper au pli &#233;go&#239;ste sur un nirvana alternatif fit que Longo ma&#239; a toujours voulu se donner les moyens concrets d'une r&#233;elle autonomie politique en cr&#233;ant par exemple le Forum Civique Europ&#233;en. L'objectif de Rhizome est donc de faire conna&#238;tre des projets aupr&#232;s de tous ceux susceptibles de les aider. Actuellement, Grain de Terre et la ferme du Hayon ont besoin d'un large soutien. Ensemble, nous pouvons soutenir ces projets et ceux &#224; venir, proposer &#224; tous, individus, r&#233;seaux ou associations d'entrer directement en relation avec eux. Car sans une r&#233;flexion et une participation large, qui peut pr&#233;tendre acqu&#233;rir des espaces propres &#224; la r&#233;alisation de projets, ruraux ou non ? La terre, les for&#234;ts, les b&#226;timents et le foncier en g&#233;n&#233;ral sont devenus de tels objets de sp&#233;culation qu'ils atteignent des prix sans aucune mesure avec leur valeur d'usage. L'acquisition collective peut &#234;tre une solution pour sortir enfin de la relation propriet&#233;-utilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rhizome a donc besoin du plus grand nombre pour construire de nouvelles passerelles pour que, m&#234;me s'il n'est pas imaginable globalement, un autre mode de vie se pr&#233;cise. C'est cela l'urgence, une urgence morale, philosophique et politique ; l'urgence d'une pratique de maintenant sur des territoires qui ne peuvent &#234;tre que continentaux, les continents faisant un monde, donc des territoires locaux : vaste archipel de &#171; fora &#187; libres, in&#233;gaux et fraternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une brochure de pr&#233;sentation de Rhizome et des diff&#233;rents projets existe, vous pouvez la commander en &#233;crivant &#224; une de ces trois adresses : Grain de Terre, BP 56, 31240 L'UNION, T&#233;l/fax : 05 63 33 11 47. Ferme du Hayon 108 B 6769 SOMMETHONNE, T&#233;l/fax 32 (0) 63 57 90 80. Association Rhizome, Le Pigeonnier, 04300 LIMANS, T&#233;l : 04 92 73 05 98, Fax : 04 92 73 18 18.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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