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	<title>LES PERIPHERIQUES VOUS PARLENT</title>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Mise en jeu de la philosophie</title>
		<link>http://www.lesperipheriques.org/spip.php?article329</link>
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		<dc:date>2004-01-28T20:07:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C. C. fr&#233;quente le Lyc&#233;e Voltaire, &#224; Paris</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'Universit&#233; d'Urgence est n&#233;e par surprise et accompagn&#233;e d'un &#233;trange sentiment de n&#233;cessit&#233; de la part de ceux et celles qui d&#233;couvraient les mots pour le dire. Que ces mots aient produit une &#171; charte &#187; n'a rien d'un hasard. Car une charte ne d&#233;finit pas le contenu d'un, projet, mais les contraintes accept&#233;es et voulues par ceux qui s'inscrivent dans ce projet. (Voir aussi l'article Pr&#233;lude &#224; une philosophie en acte pour des philosophes debout)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lesperipheriques.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 4&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Universit&#233; d'Urgence est n&#233;e par surprise et accompagn&#233;e d'un &#233;trange sentiment de n&#233;cessit&#233; de la part de ceux et celles qui d&#233;couvraient les mots pour le dire. Que ces mots aient produit une &#171; charte &#187; n'a rien d'un hasard. Car une charte ne d&#233;finit pas le contenu d'un, projet, mais les contraintes accept&#233;es et voulues par ceux qui s'inscrivent dans ce projet. (Voir aussi l'article Pr&#233;lude &#224; une philosophie en acte pour des philosophes debout)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je crois tr&#232;s important que la charte de l'Universit&#233; d'Urgence ne puisse, en aucun cas, &#234;tre confondue avec la description d'un possible id&#233;al, qu'il resterait &#224; accomplir. Le probl&#232;me dont elle ouvre l'espace n'a pas de solution mod&#232;le. Il exige et il oblige. Il exige de ceux qui y participent qu'ils cessent de se r&#233;fugier derri&#232;re leurs bonnes intentions, derri&#232;re le sentiment que ce qu'ils ont &#224; transmettre est en soi-m&#234;me digne d'&#234;tre transmis, ou au contraire derri&#232;re la croyance que le savoir &#224; transmettre n'est jamais que le pr&#233;texte pour l'apprentissage de &#171; comp&#233;tences &#187; plus g&#233;n&#233;rales, que ce savoir &#171; illustrerait &#187;. Ce qui signifie qu'il oblige &#224; ce que le savoir transmis ne soit pas &#171; interpr&#233;t&#233; &#187; : comme valable en soi, ou comme simple voie d'acc&#232;s. Il oblige &#224; ce que la question de la transmission-production ne soit pas &#233;vacu&#233;e, et avec elle la question du &#171; devenir acteur &#187; dans un monde qui vous pr&#233;c&#232;de, qui ne vous a pas attendu, et qui pourtant n'a d'autre avenir que celui que vous serez capables de construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de l'Universit&#233; d'Urgence est donc une facette singuli&#232;re du probl&#232;me de la construction d'un pr&#233;sent qui ait un avenir. Il s'agit &#224; la fois de ne pas confondre la facette avec le tout, et de ne pas oublier que c'est une facette, qui n'a de sens qu'&#224; inscrire son caract&#232;re partiel dans la multiplicit&#233; des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi il &#233;tait int&#233;ressant de reprendre &#224; son sujet un mot ancien, connot&#233;, et dans une large mesure compromis et p&#233;rim&#233; comme &#171; universit&#233; &#187;. L'universit&#233; que nous connaissons est r&#233;cente, elle ne ressemble pas du tout &#224; celle du si&#232;cle pass&#233;, qui ne ressemble pas &#224; la structure moribonde du 18&#232;me si&#232;cle, qui &#224; son tour n'a rien &#224; voir avec le site m&#233;di&#233;val. L'universit&#233; est un bon analogue de la question de la transmission : elle a pour identit&#233; les espoirs, les luttes, les d&#233;ceptions, les exclusions, les haines dont il s'agit de cr&#233;er et d'agir l'h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, aussi, il est tr&#232;s important que la charte de l'Universit&#233; d'Urgence appelle &#224; une auto-institution des cours-ateliers-laboratoires et sans mod&#232;le ni mode de fonctionnement unifi&#233;. Il ne s'agit donc pas d'un &#171; organisme &#187; dou&#233; de sa propre loi de fonctionnement, qui le s&#233;parerait des autres lieux o&#249; se construit l'avenir mais d'un &#234;tre qui se veut fractal, capable de surgir n'importe o&#249;, au plus proche de toute autre initiative, d&#232;s lors que celle-ci se vit comme capable de contribuer &#224; la question de la transmission-production de savoir. Il s'agit de l'autoproduction d'un &#234;tre &#224; facettes aussi multiples que l'ensemble &#224; l'int&#233;rieur duquel elle s'inscrit, sans ext&#233;rieur pr&#233;d&#233;fini, et auquel la charte prescrit un r&#233;gime d'existence exp&#233;rimental : pas d'&#233;preuve ou de s&#233;lection pour appartenir &#224; l'Universit&#233; d'Urgence, mais le d&#233;fi d'avoir &#224; accepter ce que tous les autres produisent en tant que faisant partie de son propre pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'atelier de philosophie, cr&#233;&#233; &#224; Bruxelles, a &#233;t&#233; constitu&#233; en tant que partie prenante de l'Universit&#233; d'Urgence par un collectif comprenant des &#233;tudiants, chercheurs et enseignants de l'Universit&#233; de Bruxelles, mais aussi d'autres personnes int&#233;ress&#233;es &#224; la pratique d'une pens&#233;e qui s'inscrirait, d'une mani&#232;re ou d'une autre dans l'h&#233;ritage de la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet atelier vise un fonctionnement &#224; long terme, et se doit d'&#234;tre capable de ne pas se refermer sur le &#171; noyau &#187; des premiers participants.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES MAUX DES MEILLEURS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;&#192; quoi travaillez-vous ?&#034;, demanda-t-on &#224; Monsieur K. Monsieur K. r&#233;pondit : &#034;J'ai beaucoup de mal, je pr&#233;pare ma prochaine erreur.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Bertolt Brecht : Histoires d'Almanach)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vermines &amp; Lyc&#233;es </title>
		<link>http://www.lesperipheriques.org/spip.php?article213</link>
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		<dc:date>2003-01-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C. C. fr&#233;quente le Lyc&#233;e Voltaire, &#224; Paris</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Toute une frange de la population est exclue du monde et de son mouvement ; ind&#233;sirables, inutiles, m&#233;pris&#233;s, &#224; charge de l'&#201;tat et des parents : ce sont les lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ces r&#233;prouv&#233;s prend la parole.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lesperipheriques.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 1&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute une frange de la population est exclue du monde et de son mouvement ; ind&#233;sirables, inutiles, m&#233;pris&#233;s, &#224; charge de l'&#201;tat et des parents : ce sont les lyc&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un de ces r&#233;prouv&#233;s prend la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;viens le lecteur peu averti qu'il est inutile de lire ce qui s'ensuit s'il contamine sa lecture par la consid&#233;ration : &#171; Ah ! Ce n'est qu'un lyc&#233;en... &#187;. Personne ne peut vider personne de sa personnalit&#233;, de sa diff&#233;rence, de ses innombrables signes distinctifs au nom du seul statut social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon adolescence, &#224; &#234;tre en contact avec les r&#233;alit&#233;s hostiles de nos lyc&#233;es, risque de devenir le temps de toutes les r&#233;signations et l&#226;chet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e me refuse la vie, pire, il me supprime mon devenir. Il entretient l'ennui, la paresse, l'indolente indiff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e m'humilie quotidiennement, j'attends une demi-heure ou plus pour manger, bouscul&#233; par un troupeau de pourceaux braillards. Je pr&#233;f&#232;re partir ; je n'ai rien contre eux : le lyc&#233;e infantilise et abrutit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e est une concentration de cervelles rendues molles, dont on ne saura quoi faire dans quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e me juge selon des normes qui d&#233;finissent le meilleur de ma personne, comme ma disponibilit&#233; &#224; me plier &#224; des directives et &#224; un programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e m'apprend &#224; me soumettre, &#224; subir sans comprendre, il continue envers et contre tout &#224; &#234;tre le lieu d'apprentissage de la discipline et de l'ob&#233;issance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e brise le mouvement, &#233;trangle l'initiative, &#233;touffe la personnalit&#233;, assassine la soif de connaissance, d'inconnu, sacrifie la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e pi&#233;tine la culture, il en fait une bouillie immonde ; comment appr&#233;cier ce qui m'est enseign&#233; si je suis pieds et poings li&#233; aux tyrannies, suffisances, et caprices d'un professeur ? &#171; Monsieur X, vous reviendrez &#224; mon cours quand vous serez en possession du petit cahier &#224; petits carreaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e me noie sous l'amas des obligations et devoirs. Il me fait perdre mon temps et ma t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e m'impose pour une ann&#233;e un morcellement fixe et immuable de mon temps, si je ne m'y plie pas, je m'attire le harc&#232;lement plus ou moins complaisant des administrations, des professeurs et parents qui m'invitent &#224; regagner les rangs. Si seulement ils pouvaient s'emp&#234;cher de se justifier en expliquant qu'il faut savoir d&#233;passer les contraintes, que je ne peux faire autrement que m'installer dans la routine et la m&#233;diocrit&#233; de l'organisation dont ils sont eux-m&#234;mes victimes. Ils l'avouent, &#171; Nous ne pouvons pas faire autrement ; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e dispose de mon temps, de ma libert&#233; ; &#233;troitement surveill&#233;, tout est fait pour m'&#233;viter de prendre des d&#233;cisions, d'agir. Le lyc&#233;e emploie des surveillants, encore e toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une famille hant&#233;e par l'angoisse du lendemain : &#171; Fiston ou fifille se retrouvera sans job, sans s&#233;curit&#233; sociale, sans retraite.. ; &#187;, met en esclavage leur prog&#233;niture &#224; la n&#233;cessit&#233; du bac. Le bac ? Qu'est-ce qu'il nous permet ? De prolonger l'attente dans les &#233;tablissements sup&#233;rieurs o&#249; il ne m'est laiss&#233; pour seule consolation qu'un semblant d'autonomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me reste l'exutoire, l'hyst&#233;rie du samedi soir, l'illusion d'un peu de temps &#224; moi, je peux y d&#233;penser l'argent de poche gratt&#233; &#224; papa et &#224; maman ou difficilement gagn&#233; &#224; faire le t&#226;cheron dans un quelconque fast-food. Du temps pour d&#233;lirer, pour s'&#233;clater, oublier : quelques heures de d&#233;livrance dans la semaine. Le dimanche est amer, il est &#224; m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux prendre la parole ; on me d&#233;molit : &#171; Tape-toi tout ce que tes glorieux a&#238;n&#233;s se sont tap&#233;s et tu pourras, alors, peut-&#234;tre, t'exprimer ; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lyc&#233;e a fait de moi une vermine mais...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parents, professeurs je ne veux pas de votre compassion mais votre &#233;coute, je dois &#234;tre entendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Termin&#233;e l'&#233;poque h&#233;ro&#239;que du professeur seul ma&#238;tre &#224; bord : le lyc&#233;en a droit de parole et de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lyc&#233;ens, nous devons nous emparer des lieux o&#249; nous avons &#233;t&#233; entass&#233;s pour y cr&#233;er de la vie, du mouvement, de l'activit&#233;. Nous n'avons pas &#224; nous soumettre au lyc&#233;e, nous devons soumettre le lyc&#233;e &#224; nos ambitions et d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;serter et fuir serait notre d&#233;saveu et notre d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons relever les d&#233;fis de l'&#233;poque, lutter contre l'aboulie, l'ennui, le rapport mortif&#232;re &#224; la culture. Nous n'avons pas &#233;t&#233; &#233;marg&#233;s de la vie, nous devons l'inventer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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