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	<title>LES PERIPHERIQUES VOUS PARLENT</title>
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		<title>La vierge des tueurs</title>
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		<dc:date>2001-03-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Barbet SCHROEDER, Federica BERTELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le film&lt;/i&gt; La Vierge des Tueurs &lt;i&gt;r&#233;alis&#233; par Barbet Schroeder &#224; partir du livre de Fernando Vallejo raconte une histoire d'amour et de sexe que vivent &#224; Medellin un &#233;crivain et un jeune tueur originaire des quartiers pauvres et qui est confront&#233; quotidiennement &#224; la violence et au crime. Ce film, qui ne pr&#233;tend pas d&#233;crire la r&#233;alit&#233; mais s'inspire de la r&#233;alit&#233; pour mieux cerner les fictions dans lesquelles nous vivons, soul&#232;ve plus particuli&#232;rement, de notre point de vue, des questions touchant &#224; la violence et &#224; son traitement. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lesperipheriques.org/spip.php?rubrique40" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 15&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le film&lt;/i&gt; La Vierge des Tueurs &lt;i&gt;r&#233;alis&#233; par Barbet Schroeder &#224; partir du livre de Fernando Vallejo raconte une histoire d'amour et de sexe que vivent &#224; Medellin un &#233;crivain et un jeune tueur originaire des quartiers pauvres et qui est confront&#233; quotidiennement &#224; la violence et au crime. Ce film, qui ne pr&#233;tend pas d&#233;crire la r&#233;alit&#233; mais s'inspire de la r&#233;alit&#233; pour mieux cerner les fictions dans lesquelles nous vivons, soul&#232;ve plus particuli&#232;rement, de notre point de vue, des questions touchant &#224; la violence et &#224; son traitement. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;EXTRAIT&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;(...) Federica Bertelli : La premi&#232;re question concerne la violence. Souvent dans des films on d&#233;nonce la violence des jeunes sans tenir compte de la r&#233;alit&#233; quotidienne qui est derri&#232;re. Dans votre film vous montrez, quant &#224; vous, la famille du jeune tueur vivant dans la mis&#232;re noire, et &#224; travers tout ce qui est dit, on voit que c'est la situation en Colombie qui am&#232;ne &#224; cette violence. Quel autre recours pourraient-ils donc avoir ? Souvent des critiques ne voient pas cette r&#233;alit&#233; et on va dira, comme par exemple on l'a fait pour Tueurs n&#233;s, que ce sont des films qui vont inciter &#224; la violence. On a dit par exemple que Scarface de Brian de Palma est le film culte des truands. Qu'en pensez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbet Schroeder&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cin&#233;aste. A r&#233;alis&#233; entre autres : Tricheurs, Barfly, Le Myst&#232;re von Bulow, (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : C'est une chose qui me rend furieux. Il n'a jamais &#233;t&#233; prouv&#233; par personne que la violence des films conduise &#224; la violence dans la vie. C'est uniquement un fait subjectif. On a pu par contre prouver que cela n'a aucun effet dans la mesure o&#249; des deux cot&#233;s de la fronti&#232;re, au Canada et aux Usa il y a des villes comme Detroit, Chicago, Toronto ou d'autres des deux c&#244;t&#233;s de la fronti&#232;re, compl&#232;tement identiques, soumises exactement aux m&#234;mes films, &#224; la m&#234;me t&#233;l&#233;vision, &#224; la m&#234;me violence et l'une a cinq fois plus de violence que l'autre. Il se trouve qu'il y a plus de violence dans les villes am&#233;ricaines o&#249; les armes sont en vente libre. L&#224; il y a peut-&#234;tre un rapport, mais sur le plan de la violence, c'est une esp&#232;ce de fantasme comme tous les fantasmes s&#233;curitaires, antidrogue ou celui de la peine de mort. On sait que &#231;a ne sert &#224; rien, mais que &#231;a apporte des voix. Par ailleurs, si je commen&#231;ais &#224; r&#233;fl&#233;chir en tant que cin&#233;aste &#224; l'effet que mon film va produire, si &#224; chaque fois que je tourne une sc&#232;ne je dois me dire que je vais me sentir responsable si un type, voyant ce film, pense &#224; tuer, on ne peut plus filmer. C'est compl&#232;tement paralysant. On ne peut pas &#234;tre responsable de tout le mal de l'humanit&#233;. Il faut &#234;tre irresponsable et avoir pour seul &#233;talon ce que soi on n'aime pas faire. Je n'ai pas envie d'inciter au crime, de faire de la pornographie, au sens de montrer quelque chose que je trouve malsain ou immoral. C'est vrai qu'il y a de la morale dans les mouvements de cam&#233;ra. Faire comme dans le fameux exemple d&#233;crit par Rivette, o&#249; un travelling se terme en cadrant bien des fils de fer barbel&#233;s dans un camp de concentration, c'est immoral et presque pornographique. C'est ce genre de morale qui m'importe. Par exemple, dans ce film, si j'avais commenc&#233; &#224; multiplier les points de vue, &#224; raffiner les sc&#232;nes de violence, &#224; les rendre plus efficaces comme j'ai pu le faire moi-m&#234;me dans des films am&#233;ricains, on aurait plus p&#233;n&#233;tr&#233; dans l'esprit de quelqu'un de complaisant qui prend plaisir &#224; faire ce qu'il fait. Or, dans mes personnages, il y en a un qui prie la vierge pour que les balles touchent leur but, que le travail soit bien fait et vite fait, qu'il n'y ait pas besoin de s'&#233;tendre dessus, il n'y a pas de plaisir malsain &#224; tuer, et l'autre, c'est un spectateur objectif, le point de vue du passant dans la rue. Il n'&#233;tait absolument pas justifi&#233; de faire un traitement am&#233;ricain de la violence, il fallait au contraire faire ce point de vue du passant. Quand, par exemple, le gar&#231;on tue le punk, qui est le premier meurtre, je me suis arrang&#233; pour montrer au minimum le corps du punk une fois mort. Je voulais rendre la sc&#232;ne un peu plus soft et irr&#233;elle, autrement le spectateur n'aurait pas continu&#233; dans l'histoire, il aurait reproch&#233; au personnage principal de ne pas r&#233;agir plus. L'histoire se serait arr&#234;t&#233;e, le spectateur serait sorti du film. Il fallait que j'excuse le personnage principal. L'excuse, c'est qu'il est compl&#232;tement amoureux, que c'est la chose la plus belle qui lui est arriv&#233; dans la vie et que, s'il doit choisir entre rester aux c&#244;t&#233;s de ce gar&#231;on qui continue &#224; tuer ou ne plus jamais le revoir, il choisira ce que lui dicte son amour. Il y a une double raison, une raison de dosage de la violence pour que l'on puisse s'identifier au personnage principal et une raison tout simplement relative au point de vue du passant dans la rue.&lt;br class='autobr' /&gt; (...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cin&#233;aste. A r&#233;alis&#233; entre autres : &lt;i&gt;Tricheurs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Barfly&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Myst&#232;re von Bulow&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Kiss of Death&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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