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	<title>LES PERIPHERIQUES VOUS PARLENT</title>
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		<title>L'Italie en eaux troubles </title>
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		<dc:date>2002-06-01T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio TABUCCHI, Cristina BERTELLI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le refus d'Antonio Tabucchi de se rendre au Salon du Livre de Paris avec la d&#233;l&#233;gation officielle italienne a fait beaucoup de bruit. Dans cet entretien, l'&#233;crivain revient sur le sens de cette d&#233;saffection, sur l'instrumentation dont la culture fait l'objet en Italie, de m&#234;me que sur le r&#233;visionnisme qui contamine la classe politique et intellectuelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.lesperipheriques.org/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;Num&#233;ro 16&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le refus d'Antonio Tabucchi de se rendre au Salon du Livre de Paris avec la d&#233;l&#233;gation officielle italienne a fait beaucoup de bruit. Dans cet entretien, l'&#233;crivain revient sur le sens de cette d&#233;saffection, sur l'instrumentation dont la culture fait l'objet en Italie, de m&#234;me que sur le r&#233;visionnisme qui contamine la classe politique et intellectuelle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Extrait&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;(...) &lt;i&gt;Les p&#233;riph&#233;riques vous parlent&lt;/i&gt; : Dans le choix des &#339;uvres actuellement publi&#233;es en Italie, constatez-vous une conformation de la production litt&#233;raire et intellectuelle au mod&#232;le dominant et une orientation de l'imaginaire ? On a le sentiment que les gens qui ont vot&#233; Berlusconi s'identifient &#224; lui comme si sa personne cristallisait toutes les valeurs marchandes d'une Italie qui ne reconna&#238;t plus de gloire que celle que peut acheter l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antonio Tabucchi : Pour ce qui concerne la production litt&#233;raire, nous n'en sommes pas encore l&#224;, les &#233;crivains italiens continuent d'&#233;crire comme ils l'entendent, d'autant que M. Berlusconi ne poss&#232;de pas toutes les maisons d'&#233;dition, alors qu'il r&#232;gne quasiment sans partage sur la presse. La libert&#233; litt&#233;raire subsiste. Votre remarque est s&#251;rement &#224; prendre en compte pour ce qui est de l'orientation des mentalit&#233;s en mati&#232;re d'industrie culturelle. L'actuel ministre de la Culture ou M. Berlusconi lui-m&#234;me, cultivent un id&#233;al esth&#233;tique et culturel qui privil&#233;gie certainement les best-sellers, les romans roses ou policiers plut&#244;t que la philosophie d'Emmanuel Kant ou la litt&#233;rature de Kafka. Je n'imagine pas monsieur Berlusconi avoir Kafka comme livre de chevet, ni le ministre de la Culture se passionner pour Joyce. Naturellement, ils ont une dimension culturelle et esth&#233;tique en rapport avec leur mentalit&#233; politique. Pour eux, la litt&#233;rature a une importance relative, elle sert une forme de divertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue strictement politique, je souhaite que l'Europe prenne position par rapport au gouvernement de M. Berlusconi. Un mod&#232;le comme celui-l&#224; ne peut &#234;tre export&#233;. La menace que Berlusconi fait courir &#224; la d&#233;mocratie est tout &#224; fait in&#233;dite jusqu'&#224; maintenant en Europe. Il a plaqu&#233; le pouvoir &#233;conomique sur le pouvoir politique qu'il a ainsi &#233;cras&#233;. Certains fondements de la d&#233;mocratie parlementaire sont annihil&#233;s. La d&#233;mocratie repose sur la s&#233;paration de trois pouvoirs : l'&#233;conomique, le politique et le juridique. Ces pouvoirs ont des fondements ind&#233;pendants. Or, quand le pouvoir politique devient le pouvoir &#233;conomique, nous assistons &#224; la mort de la d&#233;mocratie parlementaire telle que l'Europe l'a d&#233;finie dans la charte constitutionnelle de la communaut&#233; europ&#233;enne. Si l'Europe ne veut pas se renier elle-m&#234;me, elle doit clairement affirmer sa position par rapport &#224; un mod&#232;le qui viole un certain nombre de ses principes constitutionnels. Autrement, elle court le risque de voir ce mod&#232;le s'exporter dans d'autres pays d'Europe. Pour terminer, je dirais que l'attentat de Manhattan qui a g&#233;n&#233;r&#233; la guerre en Afghanistan, a op&#233;r&#233; une diversion de l'opinion internationale. Berlusconi a profit&#233; de toute cette p&#233;riode pour d&#233;placer l'attention de l'opinion publique sur des sujets qui ne concernaient en rien sa politique int&#233;rieure, il a mis tous les probl&#232;mes de l'Italie sous le tapis. Maintenant que l'opinion n'est plus fix&#233;e sur le conflit en Afghanistan, son action politique risque d'&#234;tre plus difficile &#224; mener. (...)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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