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Numéro 2
Linéarité et complexité
Par Les Périphériques vous parlent | Paru le septembre 1994

Dans une époque de changement, c’est toujours en terme de complexité que les problématiques se posent. Penser, comprendre, agir dans un cadre complexe demande plus qu’une formation linéaire : une transformation de l’homme lui-même pour affronter des situations multiples dans des domaines différents.

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Le simple fait que, d’une part, l’acteur ait à trouver lui-même ses ressources, qu’il lui faille développer les capacités qui lui sont propres, trouver les éléments nécessaires à son essor, et que d’autre part, il ne lui soit guère possible de se fier à un type d’organisation inefficace, l’introduit d’entrée de jeu dans les turbulences d’un monde où il n’a plus aucun repère. Toute activité se pose alors à lui en terme de complexité.

L’interprète, lui, au contraire est amené à penser qu’il existe une route toute tracée qu’il lui faut parcourir. Sa tâche est bien délimitée, il lui reste à la remplir. L’acteur, à l’opposé, doit se placer d’emblée dans le contexte de son devenir, de l’aléatoire. Ce que l’acteur doit affronter c’est une situation inconnue, l’instabilité, quelque chose de l’ordre du chaos, mais pas le chaos comme le lieu de l’inextricable désordre, plutôt comme un territoire, un espace à explorer.

L’acteur est habité par un obscur mais tenace désir de vouloir sans cesse dépasser les limites de sa connaissance. C’est une obligation qui lui est faite, l’obligation d’affronter l’instabilité, dès lors qu’il veut se donner « un présent qui ait un avenir ».

C’est en se situant résolument dans ces zones de turbulences, de complexité (tout simplement le « théâtre des opérations de la vie ») - espace où le chaos, lieu de la dissolution de l’ordre, peut devenir le chaos de l’organisation des possibles - que l’acteur pourra « rencontrer » ses possibles, c’est-à-dire pourra agir (au présent) pour comprendre comment entreprendre son avenir.