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Numéro 2
L’inadaptation
Par Les Périphériques vous parlent | Paru le septembre 1994

Le simple fait que l’homme ait été, et continue aujourd’hui encore d’être formé, façonné par les « modes de travailler » inhérents au taylorisme, le « disqualifie » dans le cadre des organisations du travail générées par l’usage des nouvelles technologies.
L’homme disqualifié n’a plus sa place dans le cadre d’évolution du nouveau système de production qui se met en place, restructuration après restructuration. Il est exclu.

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Dans un numéro spécial du printemps 91, Le Nouvel Observateur titrait : « LE MAL FRANÇAIS ». À en croire les intervenants, un verdict s’impose d’évidence : le mal français, c’est l’inadaptation. L’inadaptation des institutions, des entreprises, des universités, des syndicats, de la société globale au monde nouveau. Nous sommes bien d’accord, à cette exception près que nous ne voyons pas dans cette inadaptation un mal français, mais le mal qui touche toutes les sociétés industrielles avancées. C’est le retard des mentalités qui nourrit le pire, une sorte d’immersion dans l’immobilisme, une conviction tenace que tout peut encore s’arranger. Les mentalités, complètement imprégnées de l’idéologie de la deuxième période industrielle s’obstinent à vouloir affronter des problèmes qui n’existent plus que dans les imaginations, simples réminiscences d’un âge d’or (les trente glorieuses) qui n’a pas plus de consistance qu’en a eu, en son temps « la belle époque ». Des exigences sociales et culturelles d’un nouveau type se révèlent un peu partout, auxquelles on ne sait trop comment répondre.

Le problème de la formation, qui décide de l’avenir de tout le système de production, devient, de ce fait, fondamental. Il ne concerne pas seulement le champ de l’acquisition des connaissances, il demande en priorité d’imaginer un projet politique impliquant la création d’espaces où se former, de lieux où « apprendre d’une manière différente des connaissances différentes ». Ni plus ni moins, il importe de penser à un autre type de culture.

Ce n’est pas une mince affaire, surtout lorsque cette nécessité culturelle surgit en plein épanouissement d’une culture en place - et que cette culture en place s’accroche, véhiculant de surcroît des habitudes de voir et de faire qui ne favorisent en rien les changements que la révolution technologique exige. D’où l’impression que le débat politique est complètement déphasé, plaqué sur des problématiques que tout le monde sait dépassées, mais continue à prendre en considération.