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Numéro 7
Les cahiers du devenir
Extraits
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l’évolution des politiques en matière de santé mentale

Problèmes : Les malades mentaux représentent une population fragile, subissant des angoisses, et que l’on traite uniquement par la médication. Les intermédiaires entre l’institution psychiatrique et la société, par exemple l’assistance sociale, fonctionnent très mal. Les contraintes budgétaires, sans cesse accrues, les visions comptables, toujours plus dominantes, constituent un ensemble de blocages graves, qui plus est, sont radicalement étrangers aux problématiques de la psychiatrie.
Solutions : Seules les institutions qui vivent à l’écoute de ceux qui y travaillent, qui sont dynamiques sur le plan des idées, qui remettent régulièrement en cause leurs objectifs et leur fonctionnement pourront résister aux logiques comptables.

Problèmes : Il n’existe pas de collectifs qui engagent des coopérations, des échanges nouveaux entre la psychiatrie et la société et qui défendent une éthique générale, une politique de la santé mentale cohérente avec cette éthique. La recherche fondamentale est très affectée par ces exigences nouvelles « d’efficacité », de rentabilité, de « concret » qu’imposent les financiers.
Solutions : Nous devrions apprendre à tisser des liens avec d’autres milieux, associatif par exemple, de manière à décloisonner le travail psycho-psychiatrique, à apprendre à répondre aux problématiques psychiatriques au-delà de la sphère médicale.

Problèmes : La surconsommation d’antidépresseurs est le symptôme grave d’un malaise général. Jusqu’où la psychiatrie est-elle une solution ? Les mots de client, d’aidé, de soigné, d’usager qui servent d’euphémismes pour désigner le fou, aboutissent a nier l’importance, la richesse que pourrait représenter la prise en compte de la folie aujourd’hui.

l’attitude du citoyen face aux médias

Comment faire émerger de nouveaux types de médias ? Il faut apprendre à dépasser cette relation aux médias où l’individu n’est réduit qu’à être un organe de réception, et jamais d’émission, où aucun retour, aucune réponse ne sont possibles. Il faut que le citoyen soit capable de décrypter l’information (la couleur politique du rapporteur), l’idée de pertinence de l’information : un système de représentation en rapport avec le sens de l’information.

- Nécessité d’un contre-pouvoir à l’information telle qu’elle est diffusée actuellement par les médias publics et privés.

- Comment inventer des espaces et des pratiques collectives de l’information ? On peut par exemple développer des espaces de communication de proximité, qui garantissent un accès pour tous à l’information et s’appuyer sur les nombreuses expériences en la matière comme les réseaux de télévisions locales et de proximité. Comment tout citoyen peut-il devenir un « médiacteur » ?

les Cités-Banlieues, citoyens en France

Il faut faire attention aux mots qui sont utilisés pour désigner les banlieues, certaines appellations sociologiques comme banlieues-dortoirs recouvrent la richesse des projets et de la culture qui émergent dans les cités. Sachant que le vote ne bénéficie plus d’aucune considération, quels sont les actes politiques qui pourraient se manifester dans les banlieues ? L’urbanisme des banlieues n’est-il pas un problème politique majeur ? Comment établir des liens, des échanges entre des personnes immigrées qui sont souvent d’anciens paysans, d’Afrique par exemple, avec des agriculteurs, des paysans des campagnes avoisinantes ?

l’UniversCité, recherche fondamentale et cohésion sociale

Non à une Université repliée sur elle-même, sectorisée : un monde dans un monde ; à la peur de l’engagement politique des étudiants et professeurs ; à une université soumise aux maîtres-mots d’insertion, de professionnalisation, d’adaptabilité au monde du travail.

Oui : Ouvrir l’Université ? À qui, à quoi ? Apprendre la transversalité disciplinaire, à résister en inventant ; contre la peur de l’engagement ; apprendre à devenir acteur ; se rapproprier les lieux pour la recherche fondamentale, l’engagement et la recherche politique, la créativité et le sens critique.

Questions et problèmes à travailler :

- Le savoir universitaire est-il utile pour penser l’époque ? Comment créer des cours transversaux ?

- Face à l’éclatement des temps de vie, aux difficultés d’accès au savoir, comment faire de l’Université un lieu de ressources pour tous à tous moments ? L’Université pourrait devenir à la fois un espace critique, un lieu d’échanges et de rencontres, mais aussi de professionnalisation, à condition que celle-ci se pose en termes d’invention, de création et non en termes d’insertion et d’adaptation.

- Quel devenir pour l’éducation populaire : comment partir du terrain, du choc du terrain, pour élaborer sa réflexion ? Comment tirer les enseignements de l’expérience ? Comment encore réunir les notions d’Université, d’Université Populaire, d’Université du 3ème âge pour faire une UniversCité ayant pour objectif que ceux qui y viennent puissent devenir des acteurs responsables, et non des consommateurs de formation ?

- Réconcilier le dire et le faire, le faire et le dire. Les cités à l’Université ?, tissage et métissage.

l’économie autrement

Définition de l’économie autrement : c’est une économie au service de l’homme dans laquelle l’argent n’est qu’un moyen et non une fin en soi ; une économie conviviale dont le moteur n’est plus la peur et le carburant n’est plus l’argent.

Quelles pratiques et propositions pour une économie autrement ?

- Créer, reconnaître et valoriser les initiatives de l’économie alternative : il existe des pratiques comme les systèmes d’échanges locaux (SEL) qui permettent à chacun de participer et de maîtriser l’ensemble du processus de production. Elles inventent d’autres manières de produire et de consommer. Elles constituent un apprentissage de la citoyenneté économique.

- Démystifier le langage de la science économique.

Quels moyens de mise en œuvre ?

- Créations d’agoras locales, qui se retrouvent sous forme de Fora régionaux, européens et mondiaux.

- Développer les liens - la transversalité notamment -, pour ne pas limiter les expériences alternatives à trouver leur champ d’application hors de l’entreprise et du secteur marchand.

les luttes contre un ultra-libéralisme prédateur : l’exemple de la rébellion zapatiste au Chiapas

- Il s’agit aujourd’hui de changer de logique sur le plan politique, de poser es questions ouvertes plutôt que d’imposer des réponses toutes faites, de laisser place à l’imprévu.

- Faire de la politique sans structure pyramidale ; création d’initiatives locales pour consommer autrement par la mise en place de marchés locaux.

- Réduction du temps de travail : comment rétablir le temps libre trouver des buts dans la vie ?

agriculture : quelle qualité pour demain ?

Comment créer des lieux de vie, des îlots de résistance en espace rural où échapper aux lois et diktats du libéralisme qui favorisent une agriculture industrielle axée sur la rentabilité et la dépendance aux subventions ? Les États du Devenir peuvent-ils se retrouver en milieu rural ?

renouvellement des pratiques politiques et syndicales

Il est important d’articuler les notions de changement social avec celles de changement personnel. Les organisations politiques qui m’imposent des réponses, des schémas sans prendre en compte les questions que je me pose, ne me permettent pas de devenir acteur, d’user de ma liberté d’agir et de penser.

les logiques de coopération

Redéfinir le terme de coopération, éviter l’acception humanitaire afin d’envisager la coopération comme des manières d’échanger et de commercer dans lesquelles chacun s’enrichit de l’autre et de sa différence.